Blue Flower

Edito :

En ce printemps d’élection, au Temps des Cerises, il est bien entendu hors de question d’afficher une quelconque préférence politique. Mais cette neutralité ne nous empêche pas de rêver.

Rêver d’hommes et de femmes politiques vertueux et intègres, ayant le sens de l’état et du bien commun, visionnaires tout en ayant assez de pragmatisme pour trouver un chemin de réforme auquel ils sauraient faire adhérer une majorité. Rêver d’un enseignement qui en parallèle à la transmission des savoirs prépare à la citoyenneté, à la responsabilité, à la tolérance et au rejet de la violence pour résoudre les divergences. Rêver d’une transition énergétique qui s’attaque aux priorités réelles, sans tenir compte des lobbies et intérêts particuliers, avec une feuille de route stable sur la durée tout en étant adaptable en fonction des retours d’expérience et des progrès technologiques. Rêver d’une économie qui n’aurait plus comme crédo croissance et PIB, débarrassée des spéculations financières, ou la valeur des choses serait mesurée à l’aune de son apport à la société. Rêver d’un monde ou toutes les spiritualités religieuses on non seraient basées sur le respect de l’autre et de la vie. Rêver d’une justice « juste », impartiale, factuelle, dont les verdicts ne seraient pas influencés par la plus ou moindre grande habileté de la défense. Rêver d’une société solidaire, qui saurait reconnaître la vraie détresse et ne pas s’en accommoder. Rêver enfin d’une mondialisation qui ne soit plus uniquement compétition, mais humainement et ‘environnementalement’ responsable.

On dit souvent que les politiques n’ont que peu d’influence sur l’évolution de nos sociétés, l’interdépendance des économies et les conditions géopolitiques ne leur laissant qu’une très faible marge d’action. Mais n’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps des utopistes réalistes, des hommes courageux et armés idéal, ont consacré leur vie à rendre le monde plus humain. Ghandi, le petit homme ascétique, mais grand homme devant l’histoire qui, sans violence, a permis à l’Inde d’acquérir son indépendance. A Martin Luther King, qui s’inspirant de Gandhi, sans violence donc, à fait progresser la condition des noirs dans l’Amérique. A Mandela, qui emprisonné pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte a trouvé la force de dialoguer avec le régime qui le persécutait et a réussi à faire cesser l’apartheid dans son pays. A Anouar el Sadate et Menahem Begin, les ennemis qui en surmontant les haines héréditaires de leurs pays ont su se parler pour réconcilier l’Egypte et Israël et l’ont payé de leur vie.